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Permis de feu : procédure, contenu et obligations 2026

Équipe Fabrik Plan
18 avril 2026
9 min min de lecture
Permis de feu : procédure, contenu et obligations 2026

Permis de feu travaux par points chauds ERP

Permis de feu : tout ce que vous devez savoir pour vos travaux ERP

Un incendie sur cinq en France est causé par des travaux. Soudage, meulage, découpe au chalumeau : ces opérations courantes dans les ERP génèrent des projections d'étincelles et des températures capables d'enflammer un matériau isolant, une cloison en bois ou un revêtement de sol. Le permis de feu est le document qui encadre ces travaux et organise la prévention en amont. Voici comment le mettre en place correctement.

Qu'est-ce qu'un permis de feu ?

Le permis de feu est un document d'autorisation et de contrôle délivré avant tout travail par point chaud dans un bâtiment. Il formalise les mesures de prévention incendie à prendre, identifie les responsables et garantit qu'une inspection systématique est réalisée après la fin des travaux.

Il ne s'agit pas d'un diplôme ou d'un agrément : c'est une procédure documentée, propre à chaque chantier. Un permis de feu est valable pour une journée de travail, voire pour une demi-journée selon les entreprises. Il doit être renouvelé à chaque nouvelle session.

Le cadre de référence en France est la recommandation APSAD R7 (Association de Protection contre l'Incendie, éditée par le CNPP), qui définit le contenu standard du document et la procédure à suivre. De nombreux contrats d'assurance incendie intègrent cette recommandation comme condition contractuelle.

Quels travaux nécessitent un permis de feu ?

Le permis de feu s'applique à tous les travaux par points chauds, c'est-à-dire toute opération susceptible de générer chaleur, flamme ou projection d'étincelles.

Soudage et brasage

Le soudage électrique à l'arc (MIG, MAG, TIG) et le soudage oxyacétylénique au chalumeau sont les activités les plus concernées. Les projections peuvent atteindre plusieurs mètres et traverser des cloisons légères.

Meulage et tronçonnage

Une meuleuse d'angle génère des étincelles à plus de 600 °C. Une seule projection sur de la laine minérale ou un câble électrique peut déclencher un feu couvant pendant plusieurs heures avant de s'embraser.

Découpe thermique

La découpe au plasma, au chalumeau ou au disque abrasif produit des températures et des projections identiques au soudage.

Décapage thermique et pistolage

Le décapeur thermique, le chalumeau de désherbeur ou le brûleur de soudure de membranes d'étanchéité sont également concernés.

Cas particuliers

La pose de revêtement bitumineux à la flamme (toiture terrasse, membrane d'étanchéité) et le cintrage de tubes à chaud entrent dans la même catégorie.

En revanche, les travaux froids — perçage, vissage, peinture à froid — ne nécessitent pas de permis de feu, mais peuvent faire l'objet d'autres mesures préventives selon le plan de prévention de l'entreprise extérieure.

Qui délivre le permis de feu ?

La responsabilité du chef d'établissement

Dans un ERP, c'est le chef d'établissement (directeur, gérant, syndic selon les cas) qui est responsable de la délivrance du permis de feu. Il peut déléguer cette mission à son responsable sécurité ou à un chargé de sécurité incendie désigné.

Le rôle de l'entreprise extérieure

L'entreprise qui réalise les travaux (ESI, entreprise de maintenance, sous-traitant) doit cosigner le permis de feu. Elle désigne un chargé de travaux qui reconnaît avoir pris connaissance des mesures de sécurité et s'engage à les respecter.

Coordination entre donneurs d'ordre et intervenants

Lorsque plusieurs entreprises interviennent simultanément sur le même site, la coordination est encadrée par le plan de prévention prévu aux articles R4512-1 à R4512-16 du Code du travail. Le permis de feu vient en complément de ce document pour les travaux par points chauds spécifiquement.

Contenu obligatoire d'un permis de feu

La recommandation APSAD R7 définit les rubriques minimales que doit comporter tout permis de feu :

Identification

  • Nom et adresse de l'établissement
  • Lieu précis des travaux (bâtiment, étage, local)
  • Entreprise intervenante et nom du chargé de travaux
  • Date et horaires de l'intervention

Description des travaux

  • Nature des opérations (soudage, meulage, etc.)
  • Matériaux mis en œuvre et équipements utilisés

Analyse des risques

  • Présence de matières combustibles ou inflammables dans la zone et à proximité
  • Présence de liquides ou gaz inflammables
  • Risque de propagation du feu via les réseaux techniques (gaines, canalisations)

Mesures préventives (à cocher avant démarrage)

  • Dégagement de la zone sur un rayon minimum de 5 mètres
  • Protection par écrans ignifugés des matériaux ne pouvant pas être déplacés
  • Vérification et accessibilité d'un extincteur adapté sur le lieu de travail
  • Désignation d'un guetteur incendie dédié pendant toute la durée des travaux
  • Vérification de l'emplacement des déclencheurs manuels et issues de secours les plus proches
  • Neutralisation temporaire des systèmes de détection automatique si nécessaire (avec procédure de remise en service)

Validation et signatures

  • Signature du responsable de l'établissement (ou son délégué)
  • Signature du chargé de travaux
  • Heure de début effective

Inspection post-travaux (à compléter en fin de journée)

  • Vérification de l'absence d'échauffement résiduel
  • Inspection de la zone et des espaces adjacents (vides techniques, faux plafonds, caves)
  • Heure de fin et signature du chargé de travaux
  • Surveillance prolongée (minimum 1 heure après la fin, idéalement 2 heures)

Procédure : comment mettre en place un permis de feu

Étape 1 — Demande préalable (J-2 minimum)

L'entreprise extérieure notifie le chef d'établissement de la nature des travaux et de leur localisation. Cette demande déclenche une visite de prévention conjointe des lieux.

Étape 2 — Visite préalable des lieux

Le responsable sécurité du site et le chargé de travaux inspectent ensemble la zone. Ils identifient les matériaux combustibles, les risques de propagation, les moyens d'extinction disponibles et les voies d'accès des secours.

Étape 3 — Rédaction du permis de feu

Le permis est rempli conjointement le matin des travaux, avant le début de l'intervention. Il ne peut pas être pré-signé la veille pour une raison simple : les conditions du chantier peuvent évoluer (déménagement de mobilier, présence de produits inflammables apportés entre-temps).

Étape 4 — Mise en œuvre des mesures

Avant le premier point chaud, toutes les cases de la liste de contrôle doivent être cochées et vérifiées physiquement. Le guetteur incendie est positionné. L'extincteur est sorti et accessible.

Étape 5 — Surveillance continue

Le guetteur incendie ne quitte pas la zone pendant les travaux. En cas de déclenchement de l'alarme ou de fumée suspecte, il applique immédiatement la procédure d'évacuation de l'établissement.

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Étape 6 — Inspection post-travaux

À l'arrêt des travaux, le chargé de travaux et le responsable sécurité inspectent ensemble la zone et ses abords. Les faux plafonds, gaines techniques et espaces adjacents sont vérifiés. La surveillance se prolonge pendant au moins 1 heure — les feux couvants peuvent ne se manifester qu'après un délai.

Étape 7 — Clôture du permis

Le document est daté, signé par les deux parties et conservé dans le registre de sécurité de l'ERP. Il constitue une pièce justificative en cas de sinistre ou de contrôle de la commission de sécurité.

Durée de validité du permis de feu

Un permis de feu est valable pour une seule session de travail, généralement la journée en cours. Si les travaux se prolongent sur plusieurs jours, un nouveau permis doit être émis chaque matin.

Ce principe de renouvellement quotidien n'est pas une contrainte bureaucratique : il oblige à re-vérifier les conditions de sécurité chaque jour, ce qui est pertinent car le contexte du chantier évolue (matériaux déplacés, zones de stockage modifiées, présence de personnel différent).

Certaines entreprises optent pour une durée demi-journée en milieu à risque élevé (stockage d'hydrocarbures, présence de gaz, locaux classés ATEX).

Mesures préventives pendant les travaux

Le guetteur incendie : rôle clé souvent négligé

Le guetteur incendie (ou « garde-feu ») est une personne exclusivement dédiée à la surveillance pendant les travaux. Il ne peut pas effectuer d'autres tâches simultanément. Son rôle :

  • Observer en permanence la zone de travail et les environs immédiats
  • Détecter toute fumée ou odeur suspecte
  • Déclencher l'alarme et alerter les secours en cas de départ de feu
  • Utiliser l'extincteur mis à disposition pour un début d'incendie uniquement

Un ouvrier qui surveille « d'un œil » entre deux opérations ne constitue pas un guetteur incendie valable.

Protection des matériaux non déplaçables

Quand des matériaux combustibles ne peuvent pas être éloignés à plus de 5 mètres (éléments de structure, câblage, gaines), ils doivent être protégés par des couvertures ou écrans ignifugés (laine de roche, bâches retardatrices de flammes certifiées M0 ou A1).

Neutralisation temporaire de la détection automatique

Lorsque les travaux risquent de générer des fumées déclenchant intempestivement les détecteurs, le Système de Sécurité Incendie (SSI) peut être neutralisé localement, sous conditions strictes :

  • Durée de neutralisation limitée au minimum nécessaire
  • Compensation par une surveillance humaine renforcée
  • Remise en service immédiate à l'arrêt des travaux
  • Information du service de surveillance ou de l'exploitant

Sanctions en cas d'absence de permis de feu

Refus d'indemnisation par l'assurance

C'est le risque le plus direct. La plupart des assureurs industriels et tertiaires incluent dans leurs conditions générales une clause imposant le permis de feu pour tout travail par points chauds. En cas de sinistre sans permis, l'assureur peut invoquer la non-conformité aux conditions contractuelles et refuser ou réduire l'indemnisation.

Responsabilité civile et pénale

Le chef d'établissement peut voir sa responsabilité civile engagée s'il n'a pas pris les mesures de prévention adaptées. En cas d'incendie causant des blessures ou des décès, la responsabilité pénale peut être mise en cause pour mise en danger de la vie d'autrui ou homicide involontaire par imprudence.

Sanctions administratives

Lors d'un contrôle de la commission de sécurité, l'absence de procédure de permis de feu peut être relevée comme un manquement aux obligations de sécurité de l'établissement, pouvant conduire à une mise en demeure, voire à une fermeture administrative.

Permis de feu et plan de sécurité incendie

Le permis de feu s'intègre dans la stratégie globale de sécurité incendie de l'établissement. Il doit être cohérent avec :

  • Le plan de sécurité incendie de l'établissement, qui localise les zones à risques, les équipements d'extinction et les voies d'évacuation
  • Le plan d'évacuation ERP affiché dans les locaux, que les intervenants extérieurs doivent connaître avant de démarrer les travaux
  • La réglementation ERP applicable à la catégorie et au type de l'établissement
  • Le registre de sécurité, dans lequel les permis de feu signés doivent être archivés

Lors de l'accueil d'une entreprise extérieure, il est recommandé de lui présenter le plan d'évacuation du bâtiment et de lui indiquer l'emplacement des équipements de secours (extincteurs, robinets d'incendie armés, déclencheurs manuels) avant le début des travaux.

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FAQ — Permis de feu

Le permis de feu est-il obligatoire légalement en France ?

Il n'existe pas de loi imposant explicitement le permis de feu dans tous les contextes. Cependant, la recommandation APSAD R7 est contractuellement exigée par la grande majorité des assureurs. Le Code du travail (art. R4512-1 à R4512-16) impose par ailleurs un plan de prévention pour les interventions d'entreprises extérieures, dans lequel les mesures de sécurité liées aux travaux par points chauds doivent figurer. En pratique, l'absence de permis de feu expose l'établissement à un refus d'indemnisation et à une mise en cause de responsabilité.

Quelle est la différence entre permis de feu et plan de prévention ?

Le plan de prévention est un document contractuel entre l'entreprise utilisatrice et une entreprise extérieure, obligatoire dès lors que les travaux présentent des risques particuliers (liste fixée par arrêté). Il est établi avant le démarrage du chantier et peut couvrir plusieurs semaines ou mois de travaux. Le permis de feu est un document opérationnel quotidien, spécifique aux travaux par points chauds. Les deux documents sont complémentaires et peuvent être exigés simultanément.

Combien de temps faut-il surveiller la zone après les travaux ?

La recommandation APSAD R7 préconise une surveillance d'au moins 1 heure après la fin des travaux. En pratique, pour des travaux importants ou en présence de matériaux poreux (isolation, bois), une surveillance de 2 heures est recommandée. Un feu couvant dans une cloison ou un faux plafond peut ne se manifester qu'après plusieurs heures.

Un employé peut-il être guetteur incendie tout en travaillant ?

Non. Le guetteur incendie doit être exclusivement dédié à cette mission pendant toute la durée des travaux. Un employé qui exerce simultanément une autre tâche ne peut pas assurer une surveillance efficace. Dans les petites structures où les ressources humaines sont limitées, cette contrainte peut conduire à reporter les travaux à un moment où le personnel est disponible.

Faut-il former les guetteurs incendie ?

Aucune formation réglementaire spécifique n'est imposée pour le guetteur incendie, mais il doit a minima savoir utiliser un extincteur et connaître la procédure d'évacuation de l'établissement. Une formation aux premières mesures d'urgence incendie (1 à 2 heures) est vivement recommandée.


Sources : Recommandation APSAD R7 (CNPP), Code du travail art. R4512-1 à R4512-16, Règlement de sécurité ERP, CNAMTS — Recommandations R6 et R6a.

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Expert Sécurité Incendie

Spécialiste en réglementation incendie et création de plans d'évacuation conformes aux normes NF X 08-070 et ISO 7010.

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